Catégories: Plantes, orchidées
Ici, dans notre jardin du Parrotier catalan, il se passe toujours quelque chose, des choses gaies, des choses tristes mais on ne s’ennuie jamais. J’avoue cependant que cette fois là, c’était vraiment …détonant!
L’histoire débute dans mon bureau et chambre d’amis où trône mon ordinateur et un lit à baldaquin. Je sais, c’est assez anachronique mais j’ai des goûts un peu hétéroclites.
Sur le lit, juste derrière moi, je dispose toujours mes appareils photos, quelques livres souvent sur les plantes, entre autre surtout, Botanica, un pavé encyclopédique que je feuillette avec délice et le bric à brac des activités en cours.
L’endroit est plus que tranquille, le silence y règne en permanence et tout particulièrement à l’heure de la sacro-sainte sieste.
Or, je ne la fais pas, je suis une réfugiée du nord de la Loire! Je parcourais donc ma galerie photo, tentant d’y mettre un peu d’ordre quand tout à coup, il y eu un drôle de bruit derrière moi, comme quelque chose qui dégringole…
Kyama, notre chat, nommé aussi Bandito lors de ses félins délires, venait sans doute de faire basculer quelque chose en allant se lover sur le lit. Retournée, je ne notais ni la présence de l’accusé à tort ni rien de changé. Assez concentrée par ces déplacements de photos d’un album à l’autre, je ne m’appesantis pas sur le sujet.
J’avais depuis longtemps oublié l’incident quand je ressentis littéralement un très léger impact sur l’une de mes épaules précédé du même bruit non identifié. Cette fois-ci, ça devenait sérieux…d’où venait la détonation et qui me tirait dessus ??? Au pied de mon fauteuil, pas de douille mais une petite graine verdâtre.
C’est alors que j’ai compris. Une de nos amies gardenbreiziennes, Loloby, venait de m’envoyer de Martinique des gousses de caesalpinia pucherrima ou petit flamboyant. Elles étaient encore fraîches et souples quand j’avais ouvert l’enveloppe et je les avais posées sur un torchon au coin du lit.
La lumière entre largement dans le bureau par une grande baie vitrée et les gousses étaient en plein soleil.
L’une d’entre elles venait de s’ouvrir en projetant ses graines à plusieurs dizaines de cm.
En fait la gousse en séchant, s’entrouvre puis se sépare en deux parties, formant une sorte de double hélice et c’est cette torsion qui projette au loin les graines.
Les graines sont pourtant bien calées dans des sortes de loges poilues.
Deux des gousses se sont ainsi ouvertes, inutile de dire que j’avais l’appareil au poing, lors de l’ouverture de la deuxième qui s’est faite en soirée, d’où des photos prises au flash.
La troisième a séché trop vite et est juste restée entrouverte comme vous le voyez. A l’œil nu, la graine est tout à fait banale, ce n’est que l’objectif qui m’a révélé que de très près, elles sont superbes avec leurs reflets irisés.
J’ai bien sûr ramassé soigneusement les facétieuses demoiselles et elles attendent au noir, au frais et au sec, le moment d’être semées…sans doute tôt au printemps et repiquées ensuite en pleine terre, si j’arrive à les faire lever. Le petit flamboyant est un arbuste magnifique et je remercie sincèrement Loloby qui m’a ainsi fait un double présent: une promesse de splendeur et d’étonnantes graines détonantes!
En vérifiant les tonnes de récupération d’eau du jardin juste avant un petit orage, j’ai fait une merveilleuse découverte. La voici en avant première les commentaires suivront demain!
C’est un épipyllum anguliger (du moins je pense), il a une quarantaine de fleurs plus ou moins avancées.
Elles ne s’ouvrent que la nuit.
Et sentent divinement bon!
Je suis la plus heureuse des jardinières!!![]()
Vendredi soir: Comme prévu, je suis donc allée chercher quelques infos supplémentaires;
Après recherches plus approfondies, il s’agirait bien d’un épiphyllum anguliger x ‘Bonanza Belle’, ‘El Tecolote’, difficiles de s’y retrouver dans tous les épiphyllums!
Je l’ai depuis plusieurs années et l’ai acheté tout petit.
C’est une plante sans soucis à condition d’avoir un substrat drainé, de l’arroser peu mais beaucoup à la fois, d’ajouter juste avant la floraison de l’engrais riche en potassium et de ne pas l’oublier dehors en dessous de 15°. Il gèle à -1° et entre en dormance avant.
Il supporte le plein soleil mais se plait mieux au soleil du matin ou même à mi ombre , par chez moi.
Ses fleurs ne sont pas les plus grosses parmi les épiphyllums ni les plus colorées mais elles ont l’avantage, si elles ne s’ouvrent que la nuit de rester entrouvertes durant la journée qui suit. Il m’a déjà donné des fruits à l’extérieur et je suppose donc qu’il est pollinisé par des papillons de nuit!
Il se bouture très facilement! ![]()
Depuis ces huit années maintenant où je cultive ce jardin, j’ai comme beaucoup d’entre vous cédé à mes coups de coeur mais depuis quelques mois, je me suis raisonnée d’autant plus que toute l’architecture du jardin est en place et que j’arrive tout juste à m’occuper de tous les végétaux que j’ai acquis de bien des manières. Néanmoins, je continue de fréquenter régulièrement des pépinières et surtout une grande jardinerie où j’ai une carte de fidélité et où je peux acheter ainsi un peu moins cher, terreau, graviers, engrais, outillage et tutti quanti. J’y achète aussi parfois quelques annuelles que je n’ai pas encore le temps de semer, juste pour mettre une touche de couleur par ci par là et bien marquer les saisons. Notre très doux automne n’est pas loin et j’y suis allée samedi dernier pour voir un peu ce qui m’était proposé: célosies en godets et en potée, pourpiers bien développés qui iront jusqu’en novembre probablement et même une vivace qui me manquait, banale mais indispensable et increvable, de la gerbe d’or. Le tout à des prix raisonnables. Mes emplettes faites, je m’apprêtais à repartir quand je n’ai pas résisté à l’envie d’aller faire un tour en tout bien, tout honneur, au-delà du marché aux fleurs dans les allées de la pépinière proprement dite. J’ai très bien résisté à l’envie d’agrandir ma collection d’agrumes: je n’inviterai leurs très beaux cédratiers Main de Boudha que lorsque j’aurai une serre froide pour bien les accueillir l’hiver. J’ai admiré sans arrière pensée des cassias et des solanums, des mandevillas spectaculaires et ai rêvassé en toute innocence sous de beaux palmiers variés pour lesquels je n’ai plus de place. Et puis, un petit souffle de Tramontane a fait danser juste à la limite de mon champ de vision, comme un petit mouchoir blanc, de ceux que l’on agite à la portière du train déjà en marche. Intriguée, pas plus, je me suis approchée et j’ai découvert un pitoyable spectacle. Une sorte de poubelle noire qu’ils nous vendent sous le terme container abritait une sorte d’althæa mené en cépée: de longues branches dégingandées et étiolées, des feuilles toutes petites et clairsemées et tout au bout des rameaux, les petits flocons blancs qui m’avaient fait signe. La terre où il survivait était sèche et grise, de la poussière…il n’ y avait là plus rien pour le nourrir. Plein de boutons, il tentait la floraison de la dernière chance avant de mourir. Le prix était en rapport avec la taille du sujet, 1 m 50 de large sur un peu plus de 2 m de haut. Ma première envie a été d’aller lui chercher un arrosoir d’eau et de m’en aller lâchement: ce n’était pas une bonne affaire! La Tramontane a de nouveau fait danser ses longs rameaux et j’ai réalisé que même dans cet état, il ne manquait pas de grâce. Les fleurs blanches à étamines d’or étaient doubles, on aurait dit de petits papillons. Trois étiquettes dont l’état lamentable attestaient les saisons passées à attendre un hypothétique acheteur qui ne viendrait plus, indiquaient un hibiscus syriacus, red heart, blue bird et white chiffon, j’avais le choix…c'’en était pathétique! Oui, ce n’était plus qu’un chiffon qui allait atterrir à la poubelle à la fin de la saison. Il reviendrait bien trop cher de le changer de pot, de le nourrir et de l’arroser jusqu’au printemps prochain. J’ai pensé à ceux qui l’avait fait pousser, qui en avait pris soin et puis à lui surtout qui aurait pu être magnifique si on en avait pris soin. Il n’était pas transcendant mais émouvant en tout cas et il m’a eu aux sentiments. Je l’ai grimpé dans la voiture où il tenait tout juste avec l’aide de mon indulgent mari et embarqué sans surseoir. Il me restait un énorme pot, bien 6 à 7 fois comme le sien et une place de disponible à mi ombre près d’un porche. Cet après-midi, je l’ai tout de suite installé et à la base du tronc, une étiquette coincée étroitement dans les racines m’a donnée alors son véritable pédigré: c’est un White Chiffon Notwoodtwo, variété protégée obtenue pat Notcutts. J’ai pris le temps de lui donner de la corne broyée, du bon terreau et de l’agrosil pour que sa motte racinaire qui emplissait tout le pot bien sûr, puisse bien reprendre et de l’eau aussi, deux bons arrosoirs. Je vous l’ai photographié et suis allé ensuite voir sur le net à qui j’avais vraiment affaire, découvrir quel végétal m’avait fait un clin d’oeil dans cette jardinerie négligente où j’avais bien failli le laisser pour compte. Il acceptera d’être conduit en bac en problème, ses tiges graciles sont les plus souples de tous les hibiscus syriacus et sa floraison qui s’étale de juillet à septembre, est constituée de fleurs doubles qui peuvent atteindre 10 cm de diamètre! Une petite merveille en puissance, quoi! Un chiffon oui, mais d’organza, de soie translucide! Un romantique petit buisson presque adulte déjà puisqu’il culminera à 3 m, qui donnera un indéniable cachet à un parking un peu triste. Hasard et Tramontane, pitié ou rendez vous depuis longtemps inscrit??? Va savoir, en tout cas, tant que je le pourrai, mon plus grand plaisir sera toujours de donner sa chance à un végétal, pour qu’il m’accompagne un bout de chemin. Maintenant, il ne me reste plus qu’à le baptiser et à m’émerveiller devant sa métamorphose, doucement mais sûrement, au fil des soins que je vais lui accorder. Voilà, mon petit chiffon préféré!
Orchidées: présentation
J’avoue et sans torture, j’adore les orchidées, toutes!
On les rencontre de l’arctique à l’équateur, au creux des plaines comme aux sommets des montagnes, pratiquement partout sauf dans les régions désertiques.
Elles m’émeuvent dans leur pureté ou me stupéfient dans leur majesté.
Elles poussent aussi dans nos serres, telle une culture de luxe qui peu à peu nous devient familière et accessible.
Certaines nous sont parvenues au retour d’explorations intrépides, au-delà des mers, ou extirpées de jungles hostiles.
Elles poussent parfois sur des arbres élevés ou des rochers escarpés, nul doute que certains spécimens rares et méconnus aient été obtenus aux prix de vies humaines.
En tous cas, les orchideistes y consacrent souvent toute leur vie et des passionnés dépensent parfois des sommes astronomiques pour acquérir l’espèce rare ou l’hybride fabuleux qui hante leurs rêves.
La famille des orchidacées comporte 800 genres et 30 000 espèces.
Au-delà de leurs aspects très variés, elles ont des points communs.
Chaque fleur possède six parties distinctes: trois sépales et trois pétales dont l’un très différents des deux autres que l’on nomme labelle.
Les étamines et le pistil sont eux aussi très particuliers et sans rentrer dans trop de détails, sont toujours placés de telle façon qu’un insecte soit indispensable à la fécondation.
Les graines sont excessivement petites et nombreuses.
Certaines orchidées sont épiphytes et poussent sur des arbres: leurs racines se nourrissent des matières de surface du tronc ou des branches de leur hôte et la pluie les abreuve.
D’autres survivent même sur des rochers, on les dit, lithophytes ou épilythes
D’autres, plus conventionnelles, s’enracinent dans le sol et sont des plantes terrestres vivaces.
Certaines même, ne possèdent pas de chlorophylle, elles poussent dans de l’humus en décomposition et sont des saprophytes.
Il en existe aussi en Australie dont la végétation est entièrement souterraine.
Leur taille est très paradoxale: pas plus grosse qu’un dé à coudre parfois, elles peuvent mesurer aussi de 4 à 6m et s’il s’agit de lianes, s’étendre sur plusieurs dizaines de m.
On peut distinguer deux sortes de végétation:
–un pied unique avec des tiges latérales qui porteront des fleurs toute leur vie.
– plusieurs pieds avec des tiges qui se renouvellent tous les ans, des pseudo-bulbes (sorte de réserves de matière nutritive) et une ou plusieurs feuilles, caduques ou persistantes.
Je suis loin de connaître toutes ces belles !
Mais je commence à avoir assez bien apprivoisé les phalaenopsis ou orchidées papillon.
Leur nom vient du grec « phalaina » phalène, qui désigne un papillon nocturne. « Opsis » se traduisant par apparence.
Il est vrai que leurs fleurons si aériens évoquent vraiment des papillons.
La première espèce en a été découverte en 1825 par le botaniste K. L. Blum (nom prédestiné qui veut dire fleur en Allemand), depuis on peut recenser cinquante espèces très diverses.
Leurs fleurons peuvent durer jusqu’à plusieurs mois et le phalaenopsis est actuellement l’orchidée la plus hybridée et la plus commercialisée.
Son prix est souvent modique et il n’est pas très difficile à cultiver, mais cela fera l’objet d’un autre billet.
Je vous laisse en compagnie de quelques uns d’entre eux.
Le dernier que je viens de croiser le « Baldan’s kaléidoscope » que je regrette déjà d’avoir offert sera à partir de demain dans ma galerie photo.
Comme promis le voilà: http://gardenbreizh.org/photos/ygerne
A demain, à bientôt!
15.10.08 23:30:06, 
